
Le Too Good To Go de l'énergie solaire : les particuliers peuvent désormais vendre leur électricité à leurs voisins
Portée par l'essor de l'autoconsommation collective et la chute des tarifs de rachat, une plateforme inédite chaque propriétaire de panneaux solaires en micro-acteur du marché de l'électricité.
Un parc solaire français en effervescence qui cherche un modèle économique
Le parc solaire résidentiel français a doublé en deux ans. Plus de 1,2 million d'installations sont aujourd'hui raccordées au réseau, dont 87 % font moins de 9 kWc (Enedis, T3 2025). La France a franchi le cap des 28 GW de capacité installée (HelloWatt, T4 2025), soit un quasi-doublement depuis 2023.
De plus en plus de surplus d'électricité solaire est injecté sur le réseau et le prix est très fluctuant voire négatif, en 2026 produire de l'électricité peut coûter de l'argent.
Face à cette réalité, un nouveau réflexe émerge chez les particuliers : plutôt que de brader leur surplus à EDF à 4 centimes du kWh (tarif OA T1 2026, service-public.fr) via un contrat verrouillé 20 ans, ils cherchent à le vendre eux-mêmes, sur le marché ou directement à leurs voisins. Le nombre d'opérations d'autoconsommation collective a bondi de +132 % en un an, passant de 698 à 1 625 opérations actives (données Enedis, décembre 2024 vs. décembre 2025).
La loi APER ouvre la porte mais sans donner le mode emploi
La loi APER rend l'autoconsommation collective accessible aux particuliers dans un rayon de 2 km en zone urbaine, étendu jusqu'à 20 km en zone rurale. Il est donc possible de vendre à son surplus à ses voisins, dans la logique de Too good to go.
Mais dans les faits, un particulier qui veut partager son énergie avec son voisin se heurte à un parcours du combattant. Il lui faut créer une Personne Morale Organisatrice (PMO), qu'il s'agisse d'une association, d'une coopérative ou d'une SAS. Il doit ensuite gérer la répartition des flux, la facturation, les contrats avec chaque participant. Un schéma pensé pour les collectivités et les bailleurs sociaux qui se révèle être difficile pour un particulier avec 6 kWc sur le toit.
Autre point de vigilance, le particulier qui choisit de vendre son surplus sur le marché s'expose à la volatilité des prix et au phénomène croissant des prix négatifs. Sous le régime de l'Obligation d'Achat (OA) EDF, le tarif est garanti à 4 centimes, même en période de prix négatifs.
« Le cadre juridique existe, les panneaux sont sur les toits, mais il manquait la couche logicielle. Sans outil simple, l'autoconsommation collective reste un concept théorique pour 99 % des particuliers. » Clément Gantiez, cofondateur de kWatts
Une plateforme pour simplifier l'administratif et faire se rencontrer l'offre et la demande
Il manquait à l'énergie solaire ce que Too Good To Go a apporté à l'alimentaire : une plateforme qui connecte l'offre et la demande localement, simplement et sans gaspillage. Un particulier qui achète son électricité sur le réseau la paie au minimum 16 centimes le kWh. Son voisin équipé de panneaux solaires ne revend son surplus que 4 centimes à EDF via l'Obligation d'Achat. Entre les deux, un écart de 12 centimes que personne ne capte. En se mettant d'accord sur un prix intermédiaire, par exemple 7 centimes, le producteur gagne 75 % de plus et le consommateur paie moitié prix. Tout le monde y gagne.
C'est le pari de kWatts, plateforme lancée il y a un an. Le principe : permettre à tout particulier équipé de panneaux solaires de vendre son surplus en quelques minutes, sans frais d'entrée, sans abonnement et sans engagement. Le producteur accède à un tableau de bord qui affiche ses données de production et de consommation au quart d'heure, ainsi que le prix de vente en temps réel. La plateforme envoie des signaux de marché pour l'aider à optimiser : consommer quand le prix est bas, injecter quand il est élevé. Résultat : les utilisateurs qui suivent ces signaux améliorent leurs gains de +70 % et peuvent dépasser le tarif de l'Obligation d'Achat.
« Chaque utilisateur peut rendre son compteur visible sur une carte, repérer producteurs et consommateurs dans son périmètre, et fixer un prix d'échange avec eux, qui peut même être nul. Un simulateur calcule automatiquement les gains sur 12 mois avant tout engagement. Le tout reste compatible avec un contrat OA existant. » Clément Gantiez, cofondateur de kWatts
À propos de kWatts
kWatts est une plateforme digitale de vente et de partage d'énergie solaire entre particuliers. Elle permet aux producteurs d'électricité de toutes tailles de vendre leur surplus sur les marchés de l'énergie ou directement à leurs voisins. Fondée sur le modèle des places de marché collaboratives, elle compte 600 utilisateurs actifs.
kwatts.fr
À propos de Clément Gantiez
Expert des questions liées à l'énergie, Clément Gantiez a cofondé kWatts après plus de 10 ans d'expérience chez Enertime et Bouygues Energies & Services. Il est également conférencier sur les questions d'énergie notamment à CentraleSupélec. Passionné des énergies renouvelables, Clément est convaincu que l'avenir réside dans l'autoproduction généralisée d'électricité par les entreprises et les particuliers, et la revente des électrons en circuit court.
